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ANDRÉ DURIVAGE sur l’utilisation d’une nouvelle approche en matière de santé et de sécurité en milieu de travail

Conseil d’expert en ressources humaines de la part du président d’EPSI et auteur hautement respecté, Monsieur André Durivage, Ph.D.

Q : J’ai lu récemment votre article intitulé Personnalité et sécurité au travail paru dans le bulletin hiver 2011. Je travaille pour l’entreprise Widget Inc*, et nous avons connu dernièrement une vague d’incidents dans notre chaîne de production, directement liés à la santé et sécurité au travail et dont le nombre dépassait largement la moyenne enregistrée dans notre secteur des mines et de l’extraction*. Bien que nous avons investi beaucoup de temps et de ressources financières dans la formation de nos employés, nous n’avons pas obtenu les résultats escomptés. J’ai trouvé votre article fort intéressant, étant donné qu’il traitait de la sécurité en milieu de travail selon une nouvelle perspective, celle de la personnalité. Cependant, je n’ai pas trouvé de solution ou de stratégie éprouvée me permettant d’intégrer cette approche novatrice. Auriez-vous des recommandations?

Jacques Lafrenière *
Val-d’Or (Québec)

R : D’abord, j’aimerais vous remercier pour votre question, Monsieur Lafrenière. Je suis heureux d’apprendre que nos articles amènent les organisations à voir leurs problèmes récurrents sous un autre angle. C'est la raison d’être de notre bulletin.

La nouvelle conjoncture économique mondiale a donné un nouveau souffle aux secteurs des mines et de l’extraction du gaz et du pétrole. De nouveaux projets ont commencé à faire leur apparition au sein de marchés dits non conventionnels. Ces secteurs se sont mis à la fine pointe de la technologie et constituent des chefs de file au sein de l’économique mondiale. Toutefois, de vieilles perceptions persistent quant à leur fonctionnement.

Les secteurs des mines et de l’extraction ont toujours mis l’accent sur la sécurité, et ce, pour de nombreuses raisons. Les grandes organisations ont à cœur le bien-être de leurs employés, car elles savent que les bons employés influencent favorablement toutes leurs composantes. De plus, les comportements sécuritaires sont profitables, puisqu’ils permettent de réduire les coûts et d’augmenter la productivité. Enfin, il est extrêmement ardu de recruter des personnes talentueuses et qualifiées, surtout en raison de la perception obsolète qu’ont les gens de cette industrie. Un excellent bilan en matière de sécurité permet à une organisation de se poser comme un employeur de choix. Maintenant que nous avons expliqué certaines des raisons justifiant l’importance de la santé et de la sécurité au travail, jetons un coup d’œil à ce que les organisations peuvent faire pour obtenir un bilan de sécurité favorable.

Malheureusement Monsieur Lafrenière, il n’existe aucune recette magique, ni de solution universelle pour améliorer votre bilan de sécurité. Chaque unité est différente, chaque pièce d’équipement est unique, chaque lieu de travail est distinct, et surtout, chaque bassin d’employés possède un profil qui lui est propre. Dans un article antérieur, nous avons abordé les aspects liés à des attitudes sécuritaires, à une perspective sécuritaire, à des caractéristiques propres aux personnes ainsi qu’aux motivations qui, selon des études scientifiques, permettraient de réduire sensiblement les accidents en milieu de travail.

Ce qui est important à ce moment-ci, c’est que vous clarifiez le profil de votre personnel afin de déterminer où vous devez investir vos efforts et vos ressources et que vous mettiez l’accent où il se doit. Grâce à un outil d’évaluation tel que le Test de santé et sécurité au travail (SAFE-T) de Compmetrica, vous parviendriez à mieux comprendre les éléments constituant le cœur du problème. Par exemple, il peut être très bénéfique de connaître les attitudes de votre personnel en ce qui concerne les questions de sécurité. Si cet élément pose problème dans votre organisation, vous pourriez mettre sur pied un comité mixte de santé et sécurité au travail auquel l’employeur et les employés participeraient. En plus d’être l’occasion d’améliorer la sécurité sur le lieu de travail, un tel comité sert à aborder des problèmes et des préoccupations. La présence d’un tel comité démontre l’importance qu’accordent les cadres dirigeants à la sécurité du personnel. Si un employé croit en l’importance de pratiques de travail sécuritaires et considère la sécurité du milieu de travail comme un élément important, il sera plus susceptible d’effectuer son travail de façon sécuritaire. D’ailleurs, des études ont montré que des attitudes favorables envers la sécurité au travail permettent de prédire des résultats liés à la baisse des accidents de travail.

Si un employé voit que ses gestionnaires, ses superviseurs et ses collègues se préoccupent de la sécurité au travail, il adoptera graduellement cette culture de la sécurité. Vous en constaterez vous-mêmes les résultats si vous créez une formation sur mesure donnant aux employés les habiletés et les connaissances nécessaires pour travailler de façon sécuritaire et intégrant la rétroaction et les recommandations émises par vos employés. De cette façon, les employés auront, non seulement l’impression de faire partie de cette « culture de la sécurité », mais ils sentiront également qu’ils contribuent à façonner cette culture.

Si vous connaissez ce qui motive vos employés à adopter des comportements sécuritaires, alors vous saurez dans quelles ressources et quels programmes vous devez investir. Pour choisir la formation qui vous donnera les résultats escomptés, il est crucial pour vous de savoir si ce sont des facteurs extrinsèques (comme la rémunération) ou des facteurs intrinsèques (comme répondre aux attentes) qui motivent vos employés. Enfin, si vous connaissez le profil de personnalité de votre main d’oeuvre, en vous fondant sur les quatre traits de personnalité liés à des comportements sécuritaires en milieu de travail, vous serez mieux en mesure de comprendre pourquoi votre formation ou vos lignes directrices en matière de sécurité ne produisent pas les résultats attendus. Souvent, le problème n’a rien à voir avec la machinerie ou les lignes directrices, mais est plutôt attribuable au fait qu’un employé n’occupe pas le bon poste.

Pour conclure, le meilleur moyen d’améliorer votre bilan de sécurité, c’est de bien connaître votre main d’oeuvre. Autrement dit, plutôt que d’investir des ressources financières dans des formations sur la sécurité, de vous procurer des pièces d’équipement onéreuses, de rédiger de nouvelles lignes directrices ou de créer de nouveaux modules d’apprentissage, prenez le temps de connaître vos employés. Un outil comme le test SAFE T de Compmetrica vous permettra d’évaluer, chez les employés d’une organisation, les facteurs liés à des comportements sécuritaires. Les renseignements contenus dans le rapport vous permettront de prendre les décisions qui s’imposent pour améliorer la sécurité dans votre lieu de travail.

Bien sûr, comme je le mentionne toujours dans mes articles, les évaluations psychométriques ne constituent pas le seul ingrédient du succès d’une initiative telle que la sécurité en milieu de travail. Cependant, bien connaître ses employés actuels et futurs s’avère un élément fondamental qui vous permettra de vous assurer que la solution que vous planifiez mettre de l’avant correspond aux besoins de votre main d’oeuvre.

Pour envoyer une question au président d’EPSI, André Durivage Ph.D., veuillez envoyer un courriel à info@epsi-inc.com avec la mention « Question au docteur » clairement indiquée sur la ligne de l’objet.



* Afin de préserver l’anonymat de l’auteur de la question et à la demande de ce dernier, le nom, l’organisation ainsi que le secteur mentionnés ont été modifiés.